Quand j’ai évoqué l’envie que j’avais de vivre en Corée du Sud à ma mère, elle m’a fait les gros yeux. Quand je lui ai annoncé que j’avançais la date du départ de 5 mois, elle ma fait les gros yeux. Et quand je l’ai quitté, ce sont ces mêmes gros yeux qui ont pleuré.
Mais ma super maman m’a offert la plus belle preuve d’amour. Elle, sa phobie de Paris et son angoisse de prendre l’avion seule ont fait le voyage du Sud de la France jusqu’à Charles-de-Gaulle. Elle a subit 13 heures de vol dans un avion où les films n’étaient traduit qu’en anglais, quittant pour la première fois l’Europe.
Et à l’aéroport d’Incheon, je l’ai retrouvé comme je l’avais quitté. Les larmes aux joues.
Nous avons eût un planning bien chargé. J’avais 11 jours pour lui faire découvrir ma ville et la lui faire aimer, à elle, femme casanière de la campagne.
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Namsan Seoul Tower 남산서울타워
Il a fallut attendre 5 mois avant que je mette les pieds à la Namsan Tower, alors que j’en rêvais depuis mon premier voyage à Séoul. La plupart savent combien j’aime prendre de la hauteur (en témoigne le rêve de ma vie qui fut mon saut en parachute).
La N tower n’est pas qu’une tour touristique mais également de télécommunications, construite en 1975 et ouverte au public en 1980. Elle mesure 236m de haut. Située au sommet de la colline Namsan, on aurait pu l’atteindre en montant quelques centaines de marches, mais moi, ma mère, les -4°c et mes oreilles rougies par le froid nous sommes mis d’accord pour utiliser le téléphérique.
Arrivées en haut, comme on peut s’y attendre la vue est à couper le souffle. Séoul s’étend à perte de vue de tous les côtés et ma mère n’a jamais vu si grande ville. Et pour cause, elle est la troisième mégapole mondiale après Tokyo et Mexico.
Outre la vue extraordinaire, la tour est une petite merveille (bien que payante). Des ascenseurs aux toits à écrans numériques, un couloir plongé dans le noir aux milles et unes lumières scintillantes illustrant le cosmos, observatoire en 360° avec inscrit sur les vitres le nom des plus importantes villes mondiales ainsi que la distance qui les sépare de Séoul…
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Maman et la nourriture Coréenne 엄마와 한국 음식을
Une des choses pour laquelle j’étais impatiente de retrouver ma super maman, c’était de pouvoir lui faire découvrir la cuisine coréenne. (bon d’accord et aussi de pouvoir traîner quelqu’un d’enthousiaste dans les restaurants vegan. Non non ce n’est pas de l’intérêt…) Ma maman est devenue pesco-végétarienne à mon départ ce qui signifie qu’elle ne consomme plus de viande mais continue à consommer du poisson.
Mon alimentation vegan pose un réel problème en Corée du Sud, et avoir ce soutien moral et commun de ma mère m’a permis de souffler un peu.
Elle a donc pu manger les ramens et anko (bien que ce soit japonais), udon, dumplings, tteokbokki, kimbap, bibimbap, kimchi, fish cake et j’en passe. Elle a également pu vite découvrir la passion inconsidéré des coréens pour les cafés.
La Corée comme malheureusement beaucoup de pays asiatiques ont un réel culte pour la viande, et je suis très triste à l’idée de ne pouvoir jamais découvrir certains plats typiques de la culture coréenne à cause de la viande. Pour autant, je m’abstiens avec grand plaisir.
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Nouvel an lunaire : Seollal 설날
La fête Seollal qui marque l’entrée dans le nouvel an lunaire est le premier jour du premier mois du calendrier chinois. La particularité de Seollal est qu’il possède une date variable selon les années, entre le 21 janvier et le 20 février. Cette fête liée au culte des ancêtres dure trois jours, celui du nouvel an, la veille et le lendemain. Cette année, elle se déroulait le 24, 25 et 26 janvier 2020.
Après avoir visité deux des cinq palais royaux depuis son arrivée, j’ai gardé Gyeongbokgung pour cette date où nous avons pu assister à une représentation traditionnelle de la garde royale à l’occasion de Seollal. Accompagnés d’une musique traditionnelle, la garde nous a offert des costumes que je ne leur connaissais pas jusqu’à lors.
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Et puis voilà qu’il a fallu raccompagner ma super maman à l’aéroport, le cœur en bandoulière et les larmes dégringolantes. Mais en plus d’avoir été une petite parenthèse qui m’a permit de supporter un peu plus l’éloignement des personnes que j’aime laissées en France, ça aura aussi été ma petite victoire à moi, d’entendre dire ma mère « maintenant, je comprends pourquoi tu es heureuse ici, et pourquoi tu aimes tant la Corée ».
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